Comme tout plaisir des sens, communiquer à autrui le sentiment ressenti lors d'une dégustation passe par le langage, le choix des mots. Le professionnel, l’analyste, l’œnologue, le journaliste, en ont également besoin pour exprimer leur verdict. A travers des termes techniques ou imagés, scientifiques ou poétiques, littéraires ou populaires, s’échangent ainsi mille et une considérations sur la couleur, l’arôme, la complexité. Parfois, soyons juste, on est soi-même à peine certain d’employer le bon mot pour exprimer son feeling. Parfois, on dit le contraire de ce qu’on croit énoncer. Parfois, on ne comprend rigoureusement rien à ce que vous dit l’interlocuteur… Le vin a son langage, et tout langage a ses mystères…
On salue donc avec enthousiasme l’existence du Dictionnaire de la Langue du Vin, ouvrage hautement recommandable puisqu’édité par le prestigieux CNRS, et pour autant très accessible à quiconque s’intéresse aux plaisirs du vin. Les mots techniques y sont précisément expliqués, autant que les expressions archi-connues : ainsi de la célébrissime « il a de la cuisse », dont on n’est pas certain que tous ceux qui l’emploient savent précisément ce qu’elle signifie. On y fera des rencontres mystérieuses, ainsi ce « dégringoler son bonnet sur l’oreille », et la découverte de certains néologismes désormais reconnus ; comme ce vin « body-buildé », qui devrait faire fureur en Californie, désormais chère au gouverneur Schwarzy.
En somme, ce dictionnaire de la langue du vin peut intéresser à la fois l’amateur et le professionnel, le commercial et le vigneron. Signé Martine Coutier, linguiste, il réussit ce petit tour de force : être savant sans ennuyer, passionnant sans dénaturer le propos.
30 euros ? un livre à recommander.







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